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 FIN DE VIE DU CHEVAL un rapport sort de l'ombre

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Fanny68
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MessageSujet: FIN DE VIE DU CHEVAL un rapport sort de l'ombre   Lun 13 Juil 2015 - 8:12

ACTUALITE - Fin de vie du cheval : un rapport sort de l’ombre

Source : Cheval Savoir

Le Conseil général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux s’est penché sur la gestion des chevaux en fin de vie. Il a dévoilé des propositions hallucinantes dans son rapport rendu en septembre dernier : rendre la souscription d’une « assurance fin de vie » obligatoire pour les propriétaires de chevaux qui refusent l’abattoir, faciliter l’entrée des équidés médicamentés dans la chaîne alimentaire et interdire l’exclusion définitive de la filière viande !

Alors que la population – les études ne cessent de le prouver – est de plus en plus sensible au sort des animaux, alors que l’hippophagie n’a jamais cessé de diminuer et pourrait bientôt disparaître en France, ce rapport ressemble à une mauvaise blague concoctée pour réunir les pires cauchemars des propriétaires d’équidés. La proposition du Conseil général de l’alimentation de l’agriculture (CGAAER) n’est certes qu’un élément parmi d’autres, mais son adoption aurait des répercussions sévères à l’heure où nombre de propriétaires doivent déjà supporter la hausse des frais d’hébergement en pension.

Depuis la fin de l’équarrissage public en 2009, un malaise s’était durablement installé. Entre l’augmentation des maltraitances et celle des « fraudes à la retraite », nous appelions de nos vœux une réflexion globale sur la gestion de la fin de vie du cheval.

C’est chose faite aux premières assises de la filière équine, à Caen en septembre dernier. Le président de l’Association vétérinaire équine française (AVEF) lance l’idée de « facilités pour envoyer les chevaux à l’abattoir »... Une proposition combattue un mois plus tard par l’OABA (Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir), qui signale la non-adaptation des structures existantes au cheval – et donc la grande souffrance des animaux ainsi abattus.

De notre côté, à Cheval Savoir, nous soutenons une réglementation plus sévère des tarifs d’équarrissage afin que les propriétaires n’aient pas la (mauvaise) surprise de se retrouver devant une facture variant du simple au double, voire au quadruple. Et le respect de la liberté de choix de chacun, sachant – les enquêtes le prouvent – que le passage par l’abattoir est un évènement à la fois brutal et violent, pour le cheval mais aussi pour des propriétaires qui n’auraient d’autres choix pour des raisons financières.

On se demandait d’où pouvait bien venir cette vague de suggestions en faveur de l’abattoir… Le rapport du Conseil général de l’Alimentation de l’Agriculture et des Espaces ruraux (CGAAER) semble être un élément de réponse majeur.
Publié en septembre dernier mais rendu public seulement en novembre, il a été mis en lumière fin janvier à l’initiative d’un site vétérinaire (Vetitude). Il va beaucoup plus loin que le président de l’AVEF, qui pendant les assises s’était vraisemblablement « contenté » de lancer des suggestions.

Les premières lignes de ce rapport de 33 pages annoncent la couleur : « le tonnage d’animaux équarris est très supérieur au tonnage abattu », il faut donc diminuer le nombre de chevaux équarris pour augmenter celui des chevaux abattus... Et dans ce but, le CGAAER souhaite « inciter » les propriétaires à faire abattre leurs chevaux plutôt qu’à les garder en retraite. Il propose une série d’actions à mettre en place, dont l’une a particulièrement retenu notre attention : « Le système assuranciel […] devrait être rendu obligatoire pour les propriétaires qui par choix idéologique ne souhaitent pas que leur animal aille à l’abattoir et qui indiqueront ce choix dans le livret. »

Une assurance obligatoire dont le coût pèserait chaque année de vie du cheval, alors que nombre de propriétaires sont déjà étranglés financièrement, déjà prêts à se priver jusqu’à la dernière extrémité (y compris à relâcher leur animal dans la nature, ce qui n’est évidemment pas une bonne idée) pour lui épargner l’abattoir !

Le rapport préconise aussi d’interdire la possibilité d’écarter définitivement un cheval de la chaîne alimentaire, sur le modèle de la proposition du président de l’AVEF. Deux propositions : si le cheval est vendu, le nouveau propriétaire peut (ou bien par demande à son vétérinaire) faire supprimer la mention d’écartement de l’alimentation humaine. De même, les restrictions médicamenteuses seraient levées au bout de six mois de « blanchiment ». Passons sur ce fameux sas de « blanchiment », une jolie façon de désigner ce qui n’est autre qu’un « camp d’embouche » où les chevaux seraient engraissés sans aucun soin avant leur mise à mort (cela existe déjà en Espagne et au Canada, entre autres).

La liste des personnes consultées pour rédiger le rapport ne laisse apparaître le nom d’aucune personne représentative des propriétaires d’équidés de loisir, d’aucun responsable de centre de sauvetage ou de retraite, d’aucun défenseur des droits des animaux quel qu’il soit. Et ce alors même que les propriétaires d’équidés de loisir sont les premiers concernés par la question, et qu’ils représentent la majorité des détenteurs de chevaux sur le sol français. Au moment où la question de l’éthique animale mobilise un grand nombre de nos concitoyens, seules les considérations économiques de quelques acteurs du monde équestre sont prises en compte.

INTERBEV équins (l’Interprofession du bétail et des viandes) est tellement gagnant que l’on en vient à se demander si ce rapport n’a pas été rédigé directement en faveur de ses intérêts… Dans un pays où la grande majorité des propriétaires se déclarent opposés à l’abattage et à la consommation de la viande de cheval, ce rapport est un immense affront aux amoureux des chevaux. Aucune piste n’est esquissée pour un retour à la gratuité de l’équarrissage, ou pour une quelconque aide en faveur des propriétaires concernés. Ironie du sort, la souscription à une « assurance fin de vie » obligatoire est présentée comme une façon d’étaler et de prévoir le paiement de l’équarrisseur sur plusieurs mois, et donc une mesure « en faveur des propriétaires » !

Prendre en otage les propriétaires déjà durement touchés par la crise, au plus grand bénéfice de… la boucherie chevaline ? Certes, tous les propriétaires ne sont pas aussi regardants en matière de connaissances et de soin à leurs chevaux, la hausse constante des abandons le prouve. Est-ce une raison pour tous les mettre dans le même panier, pour les traiter comme des incapables majeurs taxables à merci, en « incitant » à envoyer les animaux à la mort ? Où est la liberté de choix ?

Pire, cette « solution » vient tuer dans l’œuf certaines initiatives originales pour valoriser les chevaux âgés, comme celle du centre équestre de Chauché qui organise des séances de communication homme-cheval à pied. Un centre équestre qui désirerait épargner l’abattoir à sa cavalerie n’aurait plus d’autre choix que de souscrire une assurance pour chaque cheval. Inutile d’ajouter qu’ils sont certainement très peu à en avoir les moyens. Pourtant, les bienfaits de la présence d’un cheval même âgé sont abondamment prouvés. Dernière expérience en date, l’hôpital Sainte-Marie de Villepinte vient d’accueillir les chevaux à la retraite du centre équestre voisin sur un terrain proche des bâtiments où sont soignées les personnes âgées. Le bénéfice sur la santé et le bien-être de ses patients comme des chevaux est évident.

Que dire des associations de sauvegarde et de placement d’équidés âgés ou maltraités, complètement oubliées dans ce rapport ? Tenues à bout de bras par des bénévoles sur la base de l’urgence et du volontariat (avec plus ou moins de succès), il est très clair qu’aucune à l’heure actuelle ne peut se permettre de souscrire une « assurance fin de vie » pour chaque cheval hébergé…

Adopter cette proposition de loi telle quelle reviendrait à condamner toutes ces associations à fermer.


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